
Temple funéraire de la reine Hatchepsout
Temple funéraire de la reine Hatchepsout
Adossé à la falaise de Deir el-Bahari sur la rive ouest du Nil, le temple funéraire d'Hatchepsout déploie trois terrasses sculptées au cœur de la nécropole thébaine.
Sur la rive ouest du Nil, face à Louxor, le temple funéraire d'Hatchepsout s'adosse à la falaise de Deir el-Bahari. Avec ses trois terrasses superposées taillées dans la roche, ce monument du XVe siècle av. J.-C. compte parmi les architectures les plus singulières de l'Égypte antique et témoigne du règne d'une des rares femmes pharaons.
Pourquoi visiter ce temple
Le temple d'Hatchepsout se distingue par plusieurs caractéristiques rares dans l'architecture pharaonique :
- Une architecture en terrasses qui rompt avec le plan classique des temples égyptiens et dialogue avec la falaise thébaine.
- Un programme iconographique exceptionnel, notamment l'expédition au pays de Pount, document visuel rare sur les échanges commerciaux de l'Égypte antique.
- Une figure historique singulière, Hatchepsout ayant régné en tant que pharaon à part entière, représentée avec les attributs masculins du pouvoir.
- Une situation géographique remarquable, au pied des falaises qui abritent la Vallée des Rois, sur le territoire de l'ancienne nécropole thébaine.
Histoire du temple et de la reine
Hatchepsout, fille du pharaon Thoutmôsis Ier et de la reine Ahmès, accède au trône au début du XVe siècle av. J.-C. Régente puis pharaon à part entière, elle consolide son pouvoir en écrasant une rébellion nubienne, en maintenant des relations diplomatiques stables avec les royaumes voisins et en lançant un vaste programme de construction à Thèbes.
Le temple funéraire qu'elle commande au complexe de Deir el-Bahari répond à une double fonction : célébrer son règne et affirmer sa filiation divine avec Amon-Rê. Conçu par l'architecte Sénènmout, l'édifice se dresse sur trois terrasses superposées, chacune porteuse d'un message :
- Le premier niveau raconte la vie et les exploits de la reine.
- Le second niveau expose la théogamie : Amon-Rê s'unit à la reine Ahmès, donnant naissance à Hatchepsout, légitimant ainsi son ascendance divine.
- Le troisième niveau abrite le sanctuaire où la reine est adorée comme une divinité.
Après sa mort, son successeur Thoutmôsis III fit marteler une partie de ses cartouches et de ses représentations, geste damnatio memoriae dont les traces restent visibles aujourd'hui.
Ce que l'on voit sur le site
La première terrasse et la colonnade
Une longue allée mène au pied du temple. Au fond du premier niveau, une colonnade abrite des reliefs hiéroglyphiques. Avec un guide ou une bonne documentation, on identifie la reine sous forme de sphinx piétinant ses ennemis, et le récit de la construction des obélisques de Karnak qu'elle fit ériger.
La deuxième terrasse : Pount et la théogamie
Le portique de la deuxième terrasse comporte deux séquences narratives majeures. La première, dite « de la naissance divine », expose comment Amon-Rê prit l'apparence de Thoutmôsis Ier pour s'unir à la reine Ahmès, conférant à Hatchepsout une origine sacrée. La seconde retrace l'expédition envoyée par la reine au pays de Pount (probablement situé sur la Corne de l'Afrique, du côté de l'actuelle Somalie ou de l'Érythrée). Les reliefs détaillent la cargaison rapportée : encens, ivoire, or, ébène, ainsi que des animaux exotiques dont un lion et une girafe.
Les chapelles d'Hathor et d'Anubis
À gauche du second niveau, un escalier conduit à trois salles creusées dans la roche, dédiées à la déesse Hathor. Les colonnes sont surmontées de chapiteaux hathoriques, à l'effigie de la déesse de la fécondité. Une autre chapelle, dédiée à Anubis, complète cet ensemble cultuel.
La troisième terrasse et le sanctuaire d'Amon
Au sommet, une série de statues représente la reine coiffée de la double couronne, tenant les quatre sceptres du royaume. Toutes regardent vers l'orient. Derrière, une cour intérieure ouvre sur trois portes : à gauche le sanctuaire d'Hatchepsout, à droite l'autel solaire à ciel ouvert, au centre le sanctuaire d'Amon, cœur religieux du temple, taillé dans la falaise.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1h30 à 2h pour parcourir l'ensemble du temple sans précipitation.
- Billetterie : un billet spécifique est requis pour le site. Il peut être inclus dans certains pass combinés couvrant plusieurs monuments de la rive ouest.
- Horaires : ouvert tous les jours, avec des plages élargies en haute saison. Vérifiez les horaires officiels avant la visite, car ils varient selon la saison.
- Conseils : prévoyez chapeau, lunettes, crème solaire et eau. L'ombre est rare sur les terrasses. Un guide ou un audioguide enrichit considérablement la visite, l'iconographie étant dense et codée.
- Photographie : autorisée à l'extérieur ; un supplément peut être demandé pour certains intérieurs.
Quand y aller
Louxor connaît un climat désertique chaud. La période d'octobre à avril offre des températures plus supportables, avec des journées ensoleillées et des nuits fraîches. De mai à septembre, la chaleur dépasse régulièrement les 40 °C, ce qui rend la visite difficile en milieu de journée. Quelle que soit la saison, privilégiez l'ouverture du site en début de matinée pour éviter à la fois la chaleur et les groupes nombreux qui arrivent en milieu de matinée.
Comment s'y rendre
Le temple se trouve sur la rive ouest du Nil, à environ une dizaine de kilomètres du centre de Louxor. Plusieurs options :
- Excursion organisée : la formule la plus courante, qui combine le temple avec la Vallée des Rois et les Colosses de Memnon en demi-journée.
- Taxi à la journée : option flexible depuis Louxor, à négocier au préalable, pratique pour enchaîner plusieurs sites de la rive ouest.
- Traversée en bac depuis la rive est, puis taxi ou minibus local jusqu'au site.
À voir à proximité
La rive ouest concentre plusieurs ensembles funéraires et cultuels de premier plan, accessibles dans la même journée :
- La Vallée des Rois, à quelques minutes en voiture, avec notamment la tombe du pharaon Horemheb.
- Les Colosses de Memnon, deux statues monumentales sur la route d'accès.
- Le temple de Médinet Habou, dédié à Ramsès III, remarquable pour ses reliefs militaires.
Plus au sud, en remontant le Nil, on rejoint d'autres ensembles majeurs comme le temple d'Edfou, le temple de Kom Ombo, les temples d'Assouan et les temples d'Abou Simbel.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez 1h30 à 2h sur place pour parcourir les trois terrasses et examiner les reliefs des chapelles latérales. En l'incluant dans un circuit de la rive ouest avec la Vallée des Rois et les Colosses de Memnon, prévoyez une demi-journée complète.
Ce n'est pas obligatoire mais fortement recommandé. L'iconographie est dense : expédition de Pount, théogamie, scènes de couronnement. Sans clé de lecture, on passe à côté de l'essentiel. Un audioguide ou un bon ouvrage peut remplacer un guide humain.
L'accès reste partiel. Une rampe permet d'atteindre la première terrasse, mais le passage entre les niveaux se fait par des rampes inclinées en pierre, parfois exposées au soleil. Les terrasses supérieures restent difficiles d'accès en fauteuil.
Après la mort d'Hatchepsout, son successeur Thoutmôsis III fit effacer une partie de ses cartouches et de ses représentations, sans doute pour rétablir une succession patrilinéaire « classique ». Ces martelages restent visibles sur plusieurs reliefs et statues du temple.
Très peu. Les terrasses sont exposées plein sud, sans abri naturel. Une visite en début de matinée reste la meilleure stratégie, surtout entre mai et septembre.
Inclure le temple dans un voyage en Égypte
Le temple d'Hatchepsout figure dans la plupart des itinéraires associant Louxor, la Vallée des Rois et une croisière sur le Nil vers Assouan. Pour construire un séjour cohérent autour des sites pharaoniques de Haute-Égypte, consultez nos suggestions de voyage en Égypte.
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