Déserts de l'Ouest
Quatre oasis, un désert de craie sculptée par le vent et une culture berbère vivante à Siwa : l'autre Égypte, à l'écart du couloir du Nil.
Les déserts de l'Ouest couvrent près des deux tiers du territoire égyptien, mais restent largement absents des circuits classiques entre Le Caire et Louxor. Notre équipe y conduit les voyageurs qui veulent voir une autre Égypte : celle des oasis isolées, des escarpements crayeux du plateau libyque et d'une culture berbère encore vivante à Siwa. Comptez quatre oasis principales reliées par une boucle de pistes et de routes asphaltées : Bahariya, Farafra, Dakhla et Kharga. Siwa, plus à l'ouest, reste à l'écart de cette boucle et se rejoint depuis la côte méditerranéenne.
Le caractère de la région tient à ses contrastes géologiques. Entre Bahariya et Farafra, la piste traverse d'abord le Désert Noir, plateau parsemé de cônes basaltiques sombres, puis le Désert Blanc, étendue de craie sculptée par le vent en formes de champignons, de voiles et d'animaux. Les concrétions atteignent parfois quatre mètres de hauteur. Plus au sud, autour de Dakhla, les falaises ocre du plateau libyque dominent des palmeraies irriguées par des sources artésiennes connues depuis l'époque romaine. Kharga, la plus orientale, garde des forteresses romaines en brique crue et le temple d'Hibis, dédié à Amon sous domination perse.
À Siwa, l'isolement a façonné une identité distincte. La langue parlée est le siwi, un parler berbère qui n'est compris ni au Caire ni à Alexandrie. Les maisons traditionnelles de la vieille citadelle de Shali sont en kershef, mélange de sel, d'argile et de paille, qui fond lors des rares pluies. L'oasis compte plus de 200 sources, dont celle de Cléopâtre, bassin circulaire en pierre où l'eau remonte à 29 degrés toute l'année. Le temple de l'Oracle d'Amon, où Alexandre le Grand serait venu se faire reconnaître fils du dieu en 331 avant notre ère, se dresse sur le rocher d'Aghurmi.
L'économie locale repose sur les dattes et les olives. Siwa produit la datte secquivariete« saidi » et une huile d'olive pressée à froid que l'on retrouve sur les tables des maisons d'hôtes. À Bahariya, autour de Bawiti, ce sont les sources chaudes et la culture maraîchère qui dominent. Dakhla vit du tourisme intérieur, de l'agriculture et de l'artisanat de poterie, particulièrement à Al-Qasr, village médiéval encore partiellement habité dont les ruelles couvertes datent du XIIe siècle.
Côté gastronomie, attendez-vous à des plats simples : tagines de poulet aux dattes à Siwa, abou fitir (galette farcie de viande hachée) à Bahariya, thé à la menthe servi en plusieurs tournées dans les campements. Les bivouacs sous tente que nous organisons dans le Désert Blanc incluent généralement un repas cuit sur le feu de camp et une nuit à la belle étoile entre les formations crayeuses, à environ 50 km au nord de Farafra.
Cette région demande un engagement logistique réel : longues distances, faible densité de services, nécessité d'un chauffeur 4x4 expérimenté entre les oasis. C'est précisément ce qui en fait une étape différente du reste du voyage, pour ceux qui veulent sortir du couloir du Nil.
À découvrir
Bivouac dans le Désert Blanc. Nuit sous tente entre les formations crayeuses à 50 km au nord de Farafra. Le campement est monté en fin d'après-midi, dîner cuit au feu, lever du soleil sur les concrétions qui rosissent vers 6h.
Vieille citadelle de Shali à Siwa. Forteresse en kershef abandonnée après les pluies de 1926, dont les ruelles surplombent l'oasis. Montée recommandée en fin de journée pour voir les palmeraies et le lac salé prendre la lumière.
Temple de l'Oracle d'Amon. Sanctuaire du VIe siècle avant notre ère où Alexandre le Grand consulta l'oracle en 331. Bâti sur le rocher d'Aghurmi, à 4 km du centre de Siwa, accessible en vélo depuis la ville.
Village médiéval d'Al-Qasr. Hameau de Dakhla aux ruelles couvertes de poutres en acacia, linteaux gravés du XIIe siècle, ancien moulin à huile et minaret ayyoubide. Une heure de visite à pied avec un habitant.
Sources chaudes de Bir Wahed. Bassin d'eau sulfureuse à 40 degrés au milieu des dunes, à 15 km à l'ouest de Siwa. Combiné avec descente en 4x4 sur les dunes et coucher de soleil sur le lac salé voisin.
Quand y aller
La saison utile s'étend d'octobre à avril. En plein hiver, de décembre à février, les journées sont douces (18 à 22°C) mais les nuits descendent à 5°C, parfois 2°C lors des bivouacs dans le Désert Blanc. Prévoyez polaire et duvet chaud. De mars à avril et d'octobre à novembre, le climat est plus équilibré, avec des journées autour de 25 à 28°C et des nuits autour de 12°C, c'est la meilleure fenêtre pour combiner désert et marche.
De mai à septembre, nous déconseillons la région : les températures dépassent régulièrement 40°C en journée à Dakhla et Kharga, et les vents de sable du khamsin, fréquents entre mars et mai, peuvent rendre les pistes impraticables pendant 24 à 48 heures. À Siwa, l'altitude légèrement inférieure au niveau de la mer (-18 m) accentue la chaleur estivale.
Conseils pratiques
Comptez 4 à 5 jours minimum pour une boucle Bahariya-Désert Noir-Désert Blanc-Farafra depuis Le Caire, avec une à deux nuits de bivouac. Pour intégrer Siwa, ajoutez 3 jours et un long trajet routier (8 heures depuis Alexandrie ou 10 heures depuis Le Caire via Marsa Matrouh). Il n'y a pas de liaison routière directe entretenue entre Siwa et les autres oasis : il faut remonter par la côte. Le point d'entrée est donc systématiquement Le Caire, d'où partent nos 4x4 avec chauffeur.
La région se combine naturellement avec Le Caire et Gizeh en début ou fin de circuit. Pour un voyage de 12 à 15 jours, nous proposons régulièrement l'enchaînement Le Caire, déserts de l'Ouest, puis vol intérieur pour Louxor et la Vallée du Nil. Le confort reste rustique : maisons d'hôtes en kershef à Siwa, écolodges à Dakhla et Bahariya, tentes simples lors des bivouacs. Cette destination convient aux voyageurs contemplatifs, aux amateurs de paysages minéraux et à ceux qui acceptent de longues journées de piste. Elle est jouable en famille avec des enfants à partir de 10 ans, moins adaptée aux très jeunes en raison des trajets.
