
Temples d'Abou Simbel
Temples d'Abou Simbel
Édifiés sous Ramsès II et sauvés des eaux du lac Nasser par l'UNESCO, les temples d'Abou Simbel sont l'un des sites antiques majeurs du sud de l'Égypte.
Les temples d'Abou Simbel forment un ensemble de deux sanctuaires rupestres édifiés sous le règne de Ramsès II, dans le gouvernorat d'Assouan, au sud de l'Égypte. Taillés directement dans la falaise nubienne, ils témoignent de la puissance d'un pharaon qui a régné plus de 60 ans et de l'ingéniosité d'une opération de sauvetage internationale menée dans les années 1960. Inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979 au sein des Monuments de Nubie, ils restent l'un des sites archéologiques les plus visités du pays après les pyramides de Gizeh.
Pourquoi visiter Abou Simbel
Trois raisons principales justifient le déplacement jusqu'à ce site reculé, à environ 280 km au sud d'Assouan :
- L'ampleur architecturale : les quatre colosses de 20 mètres qui gardent l'entrée du Grand Temple comptent parmi les statues monumentales les mieux conservées de l'Égypte antique.
- L'histoire du sauvetage : le démontage et la reconstruction des deux temples sur une colline artificielle, achevés en 1968, constituent l'une des plus grandes opérations d'archéologie préventive jamais menées.
- Le phénomène solaire biannuel : deux fois par an, les rayons du soleil pénètrent jusqu'au sanctuaire intérieur et illuminent les statues divines, un alignement calculé il y a plus de 3 000 ans.
Histoire du site
Ramsès II commande la construction des deux temples après sa victoire à la bataille de Qadesh contre l'empire hittite. La Nubie, conquise vers -1504, est alors une région stratégique, riche en gisements d'or et en routes commerciales. En y érigeant des sanctuaires colossaux, le pharaon affirme sa souveraineté sur les populations locales et inscrit son culte aux côtés des grandes divinités égyptiennes : Amon, Ra-Horakhty, Ptah et Hathor.
Les collines sacrées de Méha et d'Ibshek sont choisies pour accueillir les deux édifices. Les travaux débutent vers -1264 et s'achèvent vers -1244, soit près de vingt années de chantier. Pendant des siècles, les temples accueillent des cérémonies religieuses, puis tombent progressivement dans l'oubli et se laissent ensevelir par le sable du désert.
En 1813, l'archéologue suisse Jean-Louis Burckhardt redécouvre la façade émergée du Grand Temple lors d'une expédition dans la région. L'intérêt scientifique pour le site renaît, et les premières fouilles attirent voyageurs et égyptologues européens.
Au début des années 1960, la construction du haut barrage d'Assouan, voulue par le président Gamal Abdel Nasser, menace de submerger les temples sous les eaux du futur lac Nasser. L'UNESCO lance alors une campagne internationale : les blocs sont découpés, numérotés, démontés puis réassemblés en 1968 sur une colline artificielle, environ 65 mètres plus haut et 200 mètres en retrait du site original. Le site est inscrit au patrimoine mondial en 1979.
Que voir sur place
Le Grand Temple
Dédié à Ramsès II divinisé et aux dieux Amon, Ra-Horakhty et Ptah, le Grand Temple s'enfonce d'une soixantaine de mètres dans la roche reconstituée. Sa façade est bordée de quatre colosses de 20 mètres représentant Ramsès II assis, coiffé de la double couronne de Haute et Basse-Égypte. À leurs pieds, des statues plus petites figurent les membres de la famille royale.
L'intérieur s'organise en plusieurs salles successives. La grande salle hypostyle est bordée de statues osiriaques du pharaon. Les murs sont couverts de hiéroglyphes et de bas-reliefs louant les victoires du monarque, dont une représentation détaillée de la bataille de Qadesh. Au fond, le sanctuaire abrite quatre statues divines parmi lesquelles Ramsès II prend place.
Le Petit Temple
Situé à une centaine de mètres, le Petit Temple est voué au culte de Néfertari, principale grande épouse royale, et de la déesse Hathor, associée à l'amour, à la beauté, à la musique, à la maternité et à la joie. C'est l'un des rares temples égyptiens dédiés à une reine.
Sa façade présente six statues colossales du roi et de la reine, debout, à taille égale — un détail rare qui souligne le statut accordé à Néfertari. Les princes et les princesses figurent en bas-reliefs autour des jambes des souverains. À l'intérieur, les colonnes hathoriques et les frises montrent la reine officiant aux côtés de la déesse.
Quand y aller
La meilleure période s'étend de novembre à mars : les températures restent supportables (20 à 28 °C en journée), alors que l'été nubien dépasse régulièrement 40 °C.
Deux dates concentrent l'affluence : le 22 février et le 22 octobre, jours du célèbre phénomène solaire. À l'aube, les rayons traversent l'axe du Grand Temple sur près de 60 mètres et illuminent successivement les statues d'Amon, de Ramsès II et de Ra-Horakhty, au fond du sanctuaire. Seul Ptah, dieu des ténèbres, reste dans l'ombre. Si vous visez ces dates, réservez plusieurs mois à l'avance.
Informations pratiques
- Ouverture : tous les jours, dès le début de matinée jusqu'en fin d'après-midi. Une arrivée matinale permet d'éviter la chaleur et les groupes de croisière.
- Durée de visite : comptez 2 à 3 heures pour parcourir les deux temples sans précipitation.
- Billetterie : ticket combiné couvrant les deux temples, à acheter sur place. Supplément pour la photographie à l'intérieur.
- Sur place : peu d'ombre, prévoyez chapeau, lunettes et eau. Les flashs sont interdits dans les sanctuaires.
Comment s'y rendre depuis Assouan
Trois options principales relient Assouan à Abou Simbel :
- Route : environ 280 km de désert, soit 3 à 4 heures de trajet. Les départs s'effectuent généralement très tôt en convoi organisé. C'est la formule la plus économique.
- Avion : vols intérieurs directs depuis l'aéroport d'Assouan, environ 45 minutes. Permet une visite à la journée sans fatigue.
- Croisière sur le lac Nasser : navigation de 3 ou 4 jours qui permet d'aborder Abou Simbel par l'eau, comme à l'origine. Depuis le lac, on aperçoit également les temples de Qasr Ibrim, d'Amon et d'Ouadi-es-Seboua.
À proximité
Abou Simbel s'inscrit dans un itinéraire plus large autour des sites antiques de la vallée du Nil :
- Assouan et l'île Éléphantine, point de départ logique vers Abou Simbel.
- Le temple de Kom Ombo, dédié à Sobek et Haroëris, en remontant vers le nord.
- Le temple de Karnak et la nécropole thébaine (Médinet Habou, Deir el-Medina) côté Louxor.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
La construction du haut barrage d'Assouan dans les années 1960 a créé le lac Nasser, dont la montée des eaux menaçait de submerger les deux sanctuaires. Une campagne internationale coordonnée par l'UNESCO a permis de les démonter, puis de les réassembler en 1968 sur une colline artificielle, à l'abri de la crue.
Deux fois par an, le 22 février et le 22 octobre, les rayons du soleil levant traversent l'axe du Grand Temple et illuminent trois des quatre statues divines du sanctuaire intérieur. Cet alignement, calculé sous Ramsès II, est resté quasi inchangé après le déplacement du temple.
Comptez 2 à 3 heures sur le site pour visiter le Grand Temple et le Petit Temple. Depuis Assouan, il faut ajouter le temps de trajet : journée complète par la route, demi-journée en avion, ou plusieurs jours en croisière sur le lac Nasser.
Le Grand Temple est dédié à Ramsès II divinisé et aux dieux Amon, Ra-Horakhty et Ptah. Le Petit Temple est consacré à la reine Néfertari et à la déesse Hathor, associée à l'amour, à la beauté, à la musique, à la maternité et à la joie.
L'archéologue suisse Jean-Louis Burckhardt a redécouvert le site en 1813, alors qu'une grande partie des temples était ensevelie sous le sable. Sa découverte a relancé l'intérêt européen pour la Nubie antique.
Préparer votre voyage
Abou Simbel s'intègre naturellement dans un circuit combinant la vallée du Nil, Louxor, Assouan et une croisière sur le lac Nasser. Pour bâtir un itinéraire sur mesure incluant ce site, consultez nos suggestions de voyages en Égypte.
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